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Les récits de survivance font souvent appel au témoignage. Celui-ci épouse plusieurs contours formels au gré des situations extrêmes dont il cherche à rendre compte. Au premier degré, le témoignage relève de l’oralité et s’inscrit dans une intention résolue de dire, de raconter. Il est motivé par l’obligation morale envers ceux qui ne sont plus, ces morts laissés derrière soi et qui n’ont d’autre voix pour s’exprimer (Levi, 1998). Le témoin récitant se fait alors la voix de l’Autre, son discours acquiert une dimension collective quasi spectrale, hantée par les contours fantomatiques des disparus. Témoigner donne alors un sens à l’itinéraire douloureux du survivant, dont l’univers s’est effondré (Altounian, 2005).

Au second degré, le témoignage tient de l’hybridité formelle : il brode des situations narratives sur fond de vérité historique, engendre des figures mi-réelles, mi-fictives, déploie des schèmes d’interprétation aussi insensés que l’absurdité des mondes qu’il cherche à représenter. Ce type de récit autofictif, s’éloignant de la dimension autobiographique du récit de survivance au premier degré, acquiert une certaine forme d’autonomie par rapport à l’événement issu du Réel. Il se fait récit au second degré, dans la mesure où il redéploie l’événement traumatisant sur l’axe de la linéarité tout en l’intégrant à l’expérience de l’énonciateur, à la verticale de son assomption en tant que sujet, pourrions-nous dire pour tenter de désigner celui qui advient par et dans l’écriture.